~Introduction To My Illusionary World ~

~Introduction To My Illusionary World ~
Ce ne sont pas tout à fait les Champs Elysées, à moins que la mythologie grecque ne prenne le dessus, mais simplement une porte, un tremplin, un accès vers un ailleurs qui se caractériserait sous la forme de fluide littéraire dont il me plaît de définir la substance par une infinité de choses en tout genre qui constituent notre univers. Plaire ou ne pas plaire, voilà bien la chose commune dont mon entreprise ne saurait se soucier ; aussi, que l'on aime ou n'aime pas, il est des choses qu'il faut savoir accepter même si c'est avec difficulté qu'il faut se faire à l'idée que quelque chose ne nous apparaît pas toujours comme elle le paraît à tout le monde.
La lecture en elle même nous apporte plus de savoir et de connaissance que beaucoup d'autres loisirs réunis, pour cela, je ne me priverais pas de faire part des livres qui m'ont touchés à qui voudra bien m'entendre, ou plutôt me lire ; seulement si le choix de l'expression n'est pas prédéfini et si l'abstention de tout jugement ou toute critique injustifiés est respectée.
Je souhaite à ceux qui s'aventurent par ici de retrouver une facette de leur être en ces lignes futures qui orneront cet endroit réservé au domaine de l'utopie.


*~Laura~*



"Ce qui rapproche, ce n'est pas la communauté des opinions, c'est la consanguinité des esprits."

M. Proust

# Online seit Freitag, 16. Februar, 2007 um 17:40

Geändert am Donnerstag, 14. August, 2008 um 12:30

~ First Passion Literature ~

~ First Passion Literature ~
Comment en parler au mieux, sans en enlever toute la magie ?
Je ne saurais faire cela sans les lectures plus ou moins bonnes qu'il m'a été donné de faire jusqu'à ce jour.
Il faut avouer que, longtemps je n'ai pu me résoudre à ouvrir un livre sans éprouver le moindre sentiment d'appréhension, ne serait-ce que par son épaisseur ou la taille des caractères dont il est imprimé. Cette étrange phobie de la lecture qui me destinait à tout sauf à aimer la littérature m'est restée de nombreuses années avant de pouvoir éprouver la joie d'entamer une ½uvre sans me poser de questions futiles à son compte. L'apparence ne compte désormais plus, j'ai appris que derrière elle peuvent se cacher bon nombre de surprises, ainsi que des révélations.

Je ne me rappelle plus exactement à quel moment ai-je pris conscience de l'importance de la lecture. Son envoûtement s'est exercé sur moi si doucement, indolemment, sans aucune lutte qui, de toute façon si elle avait eu lieu aurait été vaine. Lutter contre ses propres craintes ou envies, telle était la chose qui me répugnait le plus. C'est ainsi que la littérature commença à me passionner, lentement, mais sûrement.

Si je dois définir un instant précis où la lecture a basculé de son statut de cauchemar pour parvenir à celui passion, je devrais dire qu'il s'agit de la troisième, lorsque l'on commença a étudier des textes pour le moins intéressants. Les questions analytiques portant sur de courts (mais significatifs) extraits des «Mémoires d'une jeune fille rangée » aussi bien que des « Mémoire d'outre-tombe » m'ont vaguement donné l'envie d'approfondir le sujet. Par ailleurs, il m'a été possible de découvrir un auteur contemporain qui, pour ma part, occupe un place considérable parmi mes favoris : Amélie Nothomb. La découverte de son style, pur, mais tout aussi dépouillé, m'a tout de suite enchanté, d'autant plus que nous avons quelque chose en commun : notre amour pour le Japon. Me voici donc errant sur le chemin de la littérature, avec pour seule arme mon avidité d'en apprendre tous les jours d'avantage, d'avancer de découverte en découverte. Je ne suis pas déçue, presque chaque jour, il m'est possible de découvrir un auteur qui m'était jusqu'alors inconnu et cette question me revient sans arrêt : « Comment avoir pu vivre jusqu'à maintenant sans le connaître ? ».
Je reviendrais ultérieurement à ceux à qui je voue un culte particulier, ceux qui ont su donner au monde des lettres toute sa magnificence pour ainsi l'élever au rang de mythe.

Quelquefois, je me surprends à éprouver un certain pincement au c½ur lorsque je pense à cette porte des mots qui demeurera close toute la vie de certains êtres... Pour les uns, heureusement, les lacunes seront comblées avec une grande facilité ; mais pour les autres, qui donc daignera leur ouvrir lorsqu'ils frapperont mais se rendront vite compte que le temps à commis plus de ravages qu'il n'en a pu empêcher ? Ont-ils un jour laissé cette noble chance leur échapper ? Quelle en est la raison ?
Du moment que je ne peux les aider, autant poursuivre mon chemin.
Ainsi, j'avance.

PS : Merci Maman, et ta bibliothèque magique ...



*~Laura~*



"Il n'y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré."
M. Proust

# Online seit Sonntag, 18. Februar, 2007 um 15:04

Geändert am Montag, 11. Juni, 2007 um 04:08

~Second Passion Cinema~

~Second Passion Cinema~
Voici donc pour approfondir un peu plus la présentation de mes goûts. Il m'en coûte plus que vous ne le pensez de ne placer cet art qui m'est si cher seulement au deuxième rang, mais je ne puis me résoudre à détrôner la littérature qui est pour moi source de tout. Certes, mon attrait pour le domaine audiovisuel a pris une place bien unique dans mon c½ur beaucoup plus tôt que celui des lettres, mais ce dernier représente pour moi comme je le disais, la base de tout, le fondement de la réflexion, et il me paraît bien impossible de lui trouver un équivalent.

Lorsque je parle de cinéma, il m'arrive de regrouper bon nombre de genres sous l'appellation, aussi me ferai-je sans doute critiquer par les puristes qui considèrent le cinéma d'animation comme moins que rien, ou n'arrivant pas à la cheville de l'image en prise de vue réelle. C'est donc avec force que je me bats contre cette mauvaise idée qui fleurit un peu partout et on ne sait pourquoi dans les esprits les plus fermés. Chaque forme de cinéma comporte des succès et des échecs, il en est de même pour tout. Je pense donc qu'une vue d'ensemble de toute chose est nécessaire voire indispensable afin d'en reconnaître les points fort ainsi que les faiblesses. Mais ensuite, chacun est libre de penser ce qu'il veut, il me semble que c'est pour cela que nous avons opté pour une démocratie, pour que notre propre opinion ne soit pas sous le contrôle de quelque régisseur malintentionné.

Concernant les indémodables « Classiques », il se trouve que je suis en pleine phase d'apprentissage, me délectant des chefs-d'½uvre d'Hitchcock comme de ceux de nombreux autres cinéastes tous plus talentueux et intéressants les uns que les autres. Comme pour la littérature, je reviendrais ultérieurement à ceux qui m'ont ouvert les portes du plaisir visuel.

Le cinéma m'est d'autant plus cher que je désirerais plus tard m'épanouir dans cette voie, suivre l'immuable sillon des grands maîtres sans qui la vie n'aurait plus de saveur, ni même de sens. Bien sûr, cela ne touche pas aussi profondément tout le monde, chacun y trouve son compte selon un certain de degré. Tel est le mien.

Petit à petit, pour ne pas dire lentement, faute temps, j'essaie de m'approprier des ½uvres cinématographiques, de par leur sens profond, leur signification à grande échelle. Mais il m'est parfois difficile d'en décoder tous les symboles pour parvenir à en comprendre le but.
N'ayant jamais éprouvé un amour fou pour l'analyse littéraire aussi bien que filmique, je dois avouer que celle-ci est très utile dans certains cas, et l'on ne saurait se passer d'elle. Mais, en ce qui me concerne, elle constitue un effort de concentration maximal très poussé car il est dans ma nature d'englober chaque chose, de la prendre pour un tout, or il est des ½uvres qui méritent plus qu'une seule et unique vision pour être parfaitement interprétées. L'art de la « dissection » cinématographique n'est pas de mon ressort ; du moins pas encore...

Pour revenir à ce que je disais au début, l'appellation « cinéma » ne concerne pas uniquement les films d'auteur ainsi que les classiques. Pour moi, cela peut aller de ces genres que je viens de citer aux « blockbusters » tout droits sortis de la fabrique hoolywoodienne. Il est certain que la perte de qualité qu'a subit le cinéma tout au long de son ascension est risible. Mais je pense qu'il faut savoir reconnaître lorsqu'un film est de qualité ou non sans pour autant se focaliser sur son mode de production, son budget, etc. Je pense qu'être cinéphile, c'est avant tout avoir une capacité de flexibilité et d'ouverture d'esprit pour éviter le phénomène de « la grenouille au fond de son puits ». Il est vrai que bon nombre de films à gros budgets qui sortent de nos jours demeurent indéfendables, mais il en est quelques uns que je trouve tout à fait appréciables, ne serait-ce que par leur vertu divertissante. Selon moi, ce n'est pas parce que l'on a vu un film coréen de quatre heures sous-titré en polonais, tourné au fin fond de la forêt amazonienne, réalisé avec cent euros, des acteurs inconnus au bataillon et dont le synopsis est « l'enfance d'un psychopathe incompris qui détient la Vérité sur l'existence » que l'on doit automatiquement l'encenser au point de le classer au rang de film «intellectuel-qui-ne-peut-être-compris-que-par-l'élite». Voici l'exemple typique d'½uvre appréciée par une tristement célèbre et unique classe snobinarde dont je tairai le nom. A mon avis, l'ennui ne ment pas et, s'il faut un manuel de trois cent pages illustré pour comprendre un film, eh bien... il y a comme qui dirait un petit problème quelque part... Quoique je respecte tout à fait les populations friandes de ce genre de mesquineries audacieuses, je préfère quant à moi les prendre avec des pincettes.

Pour clore cette introduction au cinéma, je dirais que chacun est libre de faire et aimer ce que bon lui semble. En chaque être se déroule un film intime dont l'intrigue se construit au fil du temps, avec l'expérience personnelle, et celui-ci diverge d'individu à individu ; il est donc difficile de s'entendre tout le temps en tous points...



*~Laura~*

# Online seit Montag, 19. Februar, 2007 um 11:32

Geändert am Donnerstag, 03. Mai, 2007 um 05:34

~Third Passion Drawing~

~Third Passion Drawing~
Sans le dessin, que serions-nous ? Je pose la question franchement. Après avoir longuement médité sur ce qui nous entoure, je n'ai pas eu de mal à me rendre compte que le dessin est omniprésent dans notre paysage urbain ; ne serait-ce que pour l'architecture des bâtiments, le tracé des routes, mais aussi les voitures, les publicités... La conception de la plupart des éléments que je viens de citer a nécessité une phase de dessins indispensable à sa création. Avec le peu de cours de technologie dont j'ai pu bénéficier au collège, il m'est quand même possible d'affirmer que le dessin est aussi très présent dans l'industrie, ce qui signifie que pour la conception de chaque objet que nous possédons, un dessin a été fait au préalable. Il doit y en avoir un nombre colossal !

Je préfère vous assurer que ce n'est pas le dessin industriel que j'admire, mais plutôt celui de la bande dessinée, enfin le dessin artistique. Malheureusement depuis quelques années j'ai pu observer une sorte de baisse de régime chez les dessinateurs : les nouvelles séries de bandes dessinées qui sortent actuellement se ressemblent toutes, il n'y a plus trop de style personnel nulle part et l'on se faire souvent avoir par la couverture qui, étrangement, peut être magnifique et comporter un intérieur fade. Bien heureusement, certaines personnes sortent du lot, comme Enki Bilal, mon dessinateur préféré à ce jour. J'apprécie également les dessins de Marc Veber (illustrateur des aventures de Boro). En matière de classiques, j'admire Léonard de Vinci ainsi que Michel Ange.

Mon amour pour le dessin a commencé très tôt. Depuis toujours il me plaît d'inventer des personnages, des décors, ainsi que d'en recopier pour m'exercer. Cela a toujours été un plaisir pour moi.
Il y a quelques années, j'ai découvert un métier du cinéma dont j'ignorais tout : le storyboarding. Pour ceux qui ne le savent pas encore, le storyboard, né en 1927 aux Etats-Unis, est l'ensemble d'un film dessiné selon un découpage précis des actions du scénario. En France, Bruno de Dieuleveut est connu pour avoir développé cette technique américaine. Le storyboard est très utile, notamment car il permet d'éviter de gros frais au producteur (car une fois le storyboard terminé, l'on peut avoir une idée plus précise du décors à monter et ainsi éviter des choses inutile ; il peut également aider l'équipe technique car, étant affiché à la vue de tout le monde sur le plateau, il est consultable en permanence est donne lieu à des discussions sur les éventuels problèmes réels dont on se rend compte une fois le storyboard établi). Contrairement à ce que l'on peut penser, le storyboard n'est pas le moins du monde un frein à la créativité du réalisateur et se son équipe : ce n'est qu'un support sur lequel on peut s'appuyer : une scène déjà storyboardée peut tout aussi bien être filmée différemment de ce qui avait été prévu selon le v½u du réalisateur. Bien qu'il soit coûteux, le storyboard sait se rendre tout à fait rentable lorsque celui-ci évite de grosses dépenses inutiles aux producteurs. Si ces derniers se montrent souvent rétifs lorsqu'on leur propose cette technique, ce n'est seulement car celle-ci est peu développée, ou même méconnue en France. C'est pourquoi j'encourage vivement nos jeunes cinéastes français de s'y essayer. Cependant, il existe déjà des fervents de la méthode comme par exemple Jean Jacques Annaud (“La Guerre du feu”, “Le Nom de la rose”, “L'Amant”) qui affirme dans sa préface pour le “Guide pratique du storyboard” : «Je n'avais jamais entendu parle de storyboard à l'école de cinéma. A l'Idhec [...], on apprenait que le cinéma s'inventait sur le plateau.Le talent c'était d'arriver le jour du tournage sans scénario, avec peut-être un vague canevas. Les dures lois du marché ont mis fin à cette utopie sympathique. Les metteurs en scène contemporains redécouvrent avec naturel les vertus du travail en amont. Le storyboard s'était réfugié pendant quelques décennies dans les agences de publicité, destiné à faire comprendre à l'annonceur à quoi ressemblerait le spot qu' on lui concoctait. Il s'impose comme l'outil idéal pur les créateurs qui souhaitent communiquer à leurs financiers et à la multitude de techniciens qui vont travailler sous leur directive la vision qu'ils ont de leur futur film. [...] je ne me suis jamais présenté sur un tournage sans avoir au préalable dessiné mes plans dans ma tête, et avoir dessiné moi-même ou avoir fait dessiner sur un bout de papier l'image dessinée. Le storyboard a été le fidèle compagnon de ma vie.».
Le réalisateur français Jean-Pierre Jeunet (“Delicatessen”, “La cité des enfants perdus”, “Alien : la resurrection”, “Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain”) est lui aussi un adepte du storyboard.

Je pense qu'il y a de l'espoir concernant son développement en France, si l'on mise du côté des jeunes réalisateurs, même s'il est difficile d'imaginer qu'aux Etats-Unis neuf films sur dix sont réalisés avec storyboards tandis qu'en france, seulement très peu de films font appel à cette technique.

Longue vie au storyboard !



*~Laura~*

# Online seit Dienstag, 20. Februar, 2007 um 10:17

Geändert am Donnerstag, 03. Mai, 2007 um 05:33

~Fourth Passion Gastronomy & co~

~Fourth Passion Gastronomy & co~
Je ne saurais vous parler “réellement” de moi sans aborder l'art de la table, plus communément appelé gastronomie. Certains se basent sur le principe “manger pour vivre”, mais en ce qui me concerne, ce serait plutôt “vivre pour manger”. Voilà, c'est dit. Je raffole du salé comme du sucré, lorsque les deux sont à mon goût. Il ne faut pas chercher bien loin quant à la nature de cette passion. Papa ?... En tous cas je ne te remercierai jamais assez de m'avoir initiée ! Toutes nos sorties du dimanche soir n'auront pas été vaines, c'est le moins que l'on puisse dire ! Tant d'excellents souvenir que je ne saurais oublier... Mais il y a tout de même une conséquence à cela, un prix à payer : je ne peux plus manger à la cantine ! Oh, si ce n'est que cela...
Le malheur d'un gourmet est sans doute qu'on le confonde avec un gourmand. Je me positionne entre les deux, bien que mon amour pour le sucre me fasse plutôt appartenir à la seconde catégorie. Comment imaginer le monde sans douceurs ? Je ne possède pas le potentiel imaginaire pour me figurer un tel enfer. Sans doute, la pire chose qui puisse m'arriver serait de devenir diabétique. Comment pourrais-je arrêter mes overdoses fréquentes de bonbons que je dévore sous les regards ahuris des autres ? Mieux vaut ne pas songer à cela et profiter du moment présent. Histoire de poursuivre dans le domaine sucré, je devrais dire que le chocolat est sans hésitation ce à quoi je tiens le plus. Si plus tard il m'est possible de le faire, je crois que je n'hésiterais pas à faire construire une fontaine de chocolat quarante pour cent dans mon jardin ! Evidemment je me ferai critiquer une fois de plus par les puristes si je prétends n'apprécier que le chocolat au lait. Il est vrai que lorsque la présence du cacao dépasse les cinquante pour cent, cela me gâche quelque peu le plaisir. Non que j'abhorre le chocolat noir, je le trouve un peu trop amer et il se trouve que l'amertume n'as aucune place dans mon estime. Cependant, c'est celui que l'on utilise en cuisine, aussi n'ai-je aucun mal à le supporter lorsqu'il est savamment employé dans des desserts tels que le fondant au chocolat ou l'aumônière. Je serais capable de parler de sucre une journée entière, mais je pense qu'il est préférable de me limiter à cet article.

Si vous le voulez bien, parlons maintenant du salé, que j'apprécie tout autant que son complément lorsqu'il arrive au bon moment de la journée. Il serait normal de penser qu'une ville comme Bordeaux regorge d'une infinité de choix en matière de bons restaurants, or il n'en est rien. Peut-être aussi suis-je un peu sévère dans ma critique, mais là encore, le palais ne ment pas. Au lieu de masquer mon propre avis, de caresser les gens dans le sens du poil, il me semble moins lâche et plus ingénieux de laisser l'insincérité de côté et d'affirmer mes opinions quitte à me faire critiquer à mon tour par la suite. Pour cela, j'assume pleinement tout ce que je dis et ne fais pas cela dans le but de descendre pour descendre. Pour en revenir à cette histoire de restaurants, autant vous dire que je compte mes préférés sur les doigts de la main. A Bordeaux comme ailleurs en France, la cuisine nouvelle génération est en vogue. C'est une cuisine que j'apprécie du moment qu'il y a réellement de l'innovation et du goût. Malheureusement, ces deux critères ne sont pas toujours au rendez-vous : si c'est pour se retrouver avec trois gambas rachitiques et quatre feuilles de laitue dans l'assiette, le jeu n'en vaut pas la chandelle. J'ai bien remarqué que la générosité n'est plus à l'ordre du jour mais qu'elle a plutôt cédé la place à la radinerie. Qualité et quantité se sont dégradées au point de ne former qu'un melting-supra-light pour mannequins anorexiques. Tants de restaurants où vous verrez la classe « huppée » se pavaner pour s'exhiber seront à éviter. Non qu'elle ait mauvais goût, elle ne sait apprécier (pour la majorité) la cuisine à juste valeur mais privilégie plutôt le cadre, soit dit en passant branché, avec des écrans LCD sur les murs d'ébène tous les vingt-cinq centimètres et en fond sonore (plus tellement fond en fin de compte) une musique psycho-pathétique à vous donner la migraine en deux minutes. Certes, j'apprécie beaucoup le design de certains, mais si la cuisine ne suit pas, à quoi bon ? Malheureusement, de plus en plus d'endroits de ce genre ouvrent dans notre province, au grand dam des restaurateurs plus modestes mais non moins compétents qui ont su se forger une renommée stable de longue date. Quoiqu' après réflexion, ceux-ci n'ont pas trop de souci à se faire, les « nouveaux » étant souvent soumis au célèbre phénomène du « tout feu tout flamme », déposant pour la plupart leur bilan entre six mois et un an après leur fracassante ouverture. Ainsi l'on peut s'amuser à faire des paris quant au temps qu'ils tiendront. Sadique, mais si comique ...
Laissons de côté toutes ces petites fioritures éphémères et parlons sérieusement. Parlons de notre bonne vieille cuisine française. Lorsque les « classiques », tel qu'un bon carré d'agneau au poivre ou un tournedos rossini, sont exécutés de main de maître, ils peuvent se révéler excellents. Il se trouve qu'à Bordeaux, certains établissements ont su conserver cette qualité, bien que leurs prix restent très élevés. Mais il en est un qui va encore plus loin que cela en proposant une cuisine inventive et créative qui a l'intelligence de marier ou synthétiser différentes cultures gastronomiques, qui possède l'art de "construire" et "déconstruire" à partir d'éléments rencontrés au fil de voyages. J'ai nommé Thierry Marx, grand chef étoilé dont le restaurant Cordeillan Bages à Pauillac, est mon préféré. Je me souviendrais toujours de ce fabuleux repas d'un dimanche après-midi de l'année dernière. Même noyée dans mes révisions pour le brevet jusqu'au cou, je ne pouvais refuser une telle invitation. Pour commencer, le cadre, innombrables terres de grands crus classés qui s'étendent à perte de vue, se prête tout à fait à ce que l'on s'apprête à déguster par la suite. On entre dans une chartreuse du dix-septième siècle de pierre blonde et se laisse immédiatement charmer par toutes ces petites attentions qui vont de l'amabilité du personnel aux amuse-bouches savamment élaborés pour laisser le client dans une impatience veloutée avec déjà en bouche, les tonalités aux ascendances asiatiques qui mèneront la danse de ce véritable repas de rois. La suite n'en est que plus impressionnante, l'exacerbation du goût est telle que le silence règne en maître absolu lorsque tous les convives, concentrés sur leur assiette, se délectent de plats inédits tels que le Pressé d'anguille fumée Terre et Estuaire avec son toast de pain aux céréales ou encore de petits médaillons de b½uf fumé plus que joliment présentés. J'ai eu la chance de goûter une dizaine de plats tous plus raffinés et goûteux les uns que les autres ; le dessert quant à lui, est aussi brillant que le reste. Que ne donnerais-je pas pour ne serait-ce qu'une fois re-sentir le parfum de ces mets si délicats ? D'autant plus que chaque partie du repas a été accompagnée du grand cru classé Château Lynch Bages... Aucun adjectif n'est assez puissant pour définir avec justesse l'effet que l'on ressent lorsque de tels chefs-d'½uvre sont en contact avec nos sens, si peu habitués à une finesse aussi extrême, aussi me contenterai-je de laisser ce maigre témoignage de l'une de mes expériences culinaires qui fut sans hésitation la plus intéressante mais également la plus enrichissante. Multipliez cela par dix mille et je pense que vous vous approcherez de mon état d'âme ce jour-là. La cuisine portée à son paroxysme...
Outre la cuisine française et la cuisine créative, j'apprécie également beaucoup la cuisine italienne, qui détient sa place dans mon palmarès personnel. Je raffole du jambon de Parme comme d'autres produits d'Emilie Romagne (Italie) tels que le Parmesan. J'éprouve également un goût prononcé pour certaines cuisines asiatiques plus ou moins épicées comme la cuisine indienne.
En ce qui concerne la cuisine chinoise, je ne peux le nier, je n'ai qu'une seule adresse : un restaurant qui offre l'expérience unique de découvrir les saveurs de deux régions de la Chine du Sud-Ouest. Il y a longtemps, j'ai mis les pieds dans un restaurant chinois... mais ce n'était pas ça ! C'est malheureusement à cause de ces restaurateurs qui font preuve d'une telle outrecuidance et ne se posent même plus la question de qualité que la cuisine chinoise s'est vulgarisée au point que l'on en dise que leur café est imbuvable et leurs vins de piètre qualité. En plus de cela s'ajoute le fait que certains restaurateurs ô combien intelligents font une sorte de «melting-cook» qui consiste à ne pas se limiter au type de cuisine indiqué sur leur pancarte mais réalisent un mélange saugrenu de plusieurs cuisines asiatiques. Ainsi chez certains on peut se retrouver avec les cuisines japonaise, vietnamienne, thaïe, chinoise, et j'en passe. Le problème étant que certains clients, non plus débrouillards que ce genre de restaurateurs, en viennent à penser que nems et sushis sont des spécialités chinoises ! Si quelqu'un était chargé de faire fermer de tels établissements, ce serait bien le ministre de la culture!

Dans le cas où vous souhaiteriez vous réconcilier avec cette cuisine si raffinée et variée qu'est la cuisine (purement) chinoise lorsqu'elle n'est pas massacrée, sachez qu'il existe un restaurant chinois différent à Bordeaux, spécialisé dans la cuisine du Sichuan et de Canton, mais que je ne peux citer pour des raisons de déontologie. Aussi s'il vous est possible d'y aller un jour, vous découvrirez également que les ouï-dire qui courent partout sur le café et le vin ne sont pas valables pour tous les restaurants, et que certains redoublent d'efforts et se battent pour conserver la qualité de cette cuisine si dévalorisée de nos jours, et ne pas faire honte à la Chine mais plutôt l'honorer comme il se doit.

Cet article n'était qu'une mise en bouche aux futurs qui ne tarderont pas à suivre sur le sujet.
Veuillez m'excuser pour le côté quelque peu emporté de mon réquisitoire, mais j'en ai plus qu'assez que lorsque l'on me demande ce que fait mon père et que je réponds qu'il a un restaurant chinois, tout de suite les personnes non averties s'imaginent le buffet à volonté bien gras avec le saké à la fin. Je pense que maintenant que nous sommes au vingt-et-unième siècle, les mentalités ont besoin de changer. J'avais juste besoin de mettre les points sur les i une bonne fois pour toutes.
En ce qui concerne la cuisine en général, sachez qu'il m'arrive parfois d'aller au Macdo©, comme tout le monde, avec mes amis, et que ce n'est pas du tout une tare, je m'assume pleinement ! Etant donné tous les fou-rires ou discussions passionnantes que j'ai pu y avoir... Hé quoi, on ne peut pas manger chez Cordeillan tous les jours!
D'ailleurs pour terminer, je citerai la phrase suivante qui nous vient de notre grand Thierry Marx : « la cuisine, cela se regarde, cela se médite, cela se mange »...



*~Laura~*

# Online seit Donnerstag, 22. Februar, 2007 um 08:15

Geändert am Donnerstag, 14. August, 2008 um 12:34